Portail d’information sur le cadre légal du travail du sexe en Belgique

Évolution des lois et réforme de 2022

Chronologie, périmètre de la dépénalisation et principaux effets juridiques introduits par la réforme entrée en vigueur en 2022.

1. Chronologie des évolutions législatives

Le cadre juridique du travail du sexe en Belgique a longtemps reposé sur une combinaison de tolérance de fait et d’infractions pénales connexes. Cette situation a généré une insécurité juridique durable pour les personnes concernées. La réforme de 2022 constitue un tournant structurel en clarifiant ce qui relève d’un exercice licite et ce qui demeure pénalement réprimé.

  • Avant 2022 : coexistence d’une absence de pénalisation directe de la personne prostituée et d’un ensemble d’infractions pénales indirectes liées à l’organisation, à l’assistance ou à la publicité.
  • 2022 : modification du Code pénal et suppression de certaines incriminations visant l’exercice du travail du sexe entre adultes consentants.
La réforme ne supprime pas le droit pénal : elle recentre celui-ci sur les atteintes graves à la liberté, au consentement et à la dignité.

2. Situation juridique avant 2022

Avant la réforme, le droit belge ne pénalisait pas directement la personne exerçant le travail du sexe, mais maintenait de nombreuses infractions pénales connexes. Cette configuration produisait un cadre fragmenté et peu lisible.

  • Absence de reconnaissance claire du travail du sexe dans le droit commun.
  • Risque pénal élevé dès qu’un tiers intervenait dans l’organisation.
  • Difficultés d’accès effectif aux droits sociaux et aux statuts stables.
En pratique, cette situation favorisait l’informalité et compliquait l’identification des situations d’abus ou d’exploitation.

3. Réforme de 2022 et dépénalisation

La réforme entrée en vigueur en 2022 modifie le cadre pénal en distinguant explicitement l’exercice volontaire du travail du sexe par des personnes majeures des situations relevant d’infractions pénales.

  • Suppression de certaines incriminations visant l’exercice en tant que tel.
  • Maintien et renforcement des infractions liées à la contrainte, à l’exploitation, à la traite et à l’implication de mineurs.
  • Ouverture vers une intégration partielle dans le droit commun (travail, sécurité sociale, règles administratives).
La dépénalisation vise à réduire les zones grises, tout en renforçant la capacité à détecter et poursuivre les abus.

4. Lecture comparative avant / après

Avant 2022

  • Cadre pénal indirect et fragmenté.
  • Organisation juridiquement risquée.
  • Accès limité aux droits sociaux.

Depuis 2022

  • Clarification du périmètre licite.
  • Dépénalisation de l’exercice entre adultes consentants.
  • Cadre pénal renforcé contre l’exploitation.
La conformité juridique dépend désormais autant des conditions concrètes d’exercice que du statut déclaré.